Évènement

Notre mémoire nous appartient

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Onze ans se sont écoulés depuis le premier cri de liberté clamé dans les rues de Syrie en mars 2011. Onze ans, pendant lesquels la Syrie a connu la révolution, enduré la guerre, les interventions extérieures, les déplacements, l'exil. Au cours de cette période, la Syrie a également connu une intense politisation accompagnée par une explosion des imaginaires et des modes d’expression (à travers manifestations, slogans, graffitis, etc). 

Ce foisonnement politique, culturel et artistique participe à la création d’une mémoire révolutionnaire bouillonnante mais menacée par le retour en puissance du régime de Bachar Al Assad et de ses alliés russes, iraniens et du Hezbollah libanais. 

Cette mémoire est aussi attaquée dans le monde occidental par des négationnistes en tout genre - d’une droite fasciste à une certaine gauche sans honte - qui refuse de reconnaître les crimes du plus grand boucher du XXIe siècle et qui nie l'existence même d’une révolution populaire en Syrie. 

Face à eux, c’est à l’idée bien vivante de la révolution que la Cantine Syrienne de Montreuil souhaite rendre hommage.

Tout au long du mois de mars, à l’occasion du 11ème anniversaire de la révolution syrienne, nous souhaitons donner la parole à ceux et celles qui ont vécu ces moments, à ceux et celles qui ont combattu et combattent encore pour la liberté, la justice et la dignité. 

Pendant le mois de la révolution, des expositions, des discussions, des concerts et des projections de films nous rappelleront la richesse de la mémoire vivante de la révolution syrienne. 

Perpétuer cette mémoire est notre manière de lutter contre l’hégémonie politique et culturelle de Bashar al-Assad et de ses alliés. C’est aussi notre manière de rappeler à toustes que : notre mémoire nous appartient !


Programme


Mardi et mercredi 8 et 9 mars :

  • 18h-21h : Atelier de calligraphie arabe et révolutionnaire

Initiation à la calligraphie arabe à travers des slogans et phrases emblématiques des soulèvements arabe avec Yasser al-Gharbi, un peintre et calligraphe syrien.

Vendredi 11 mars :

  • 19h-20h30 : Diner
  • 20h30-21h30 : Jamel Ibntrewan (Lost in Berlin) - Performance de Catherine Vincent

Cette performance musicale et vidéo suit la trajectoire de Jamel Ibntrewan, engagé du côté de la révolution syrienne, avec en toile de fond le parcours et les thèmes chers à Walter Benjamin.

Le duo marseillais Catherine Vincent formé de Catherine Estrade et Vincent Commaret est né en Syrie au début des années 2000. Ils affectionnent la variété chantée à deux voix, polyglotte, charriant avec elle le goût de la pop, du rock et de la chanson latino-américaine. Ils chantent en français, en arabe et espagnol l’amour et la révolution.

Credits | Conception et performance : Duo Catherine Vincent | Régie vidéo et lumières : Rami Nihawi | Avec les voix de Ali Kaaf et Mohamad Al Rashi | Enregistrement Philharmonie Berlin, piano : Frédéric Isoletta, violoncelle : Marine Rodallec | Ambiances mixées par Clément Queysanne.

  • 21h30-22h30 : Concert de Shafaq Trio

Avec Auody Abdulrahman (bozok), Abo-Alola Ahmad (percussion) et José Tomás Gálvez Orlandini (guitare). Shafaq jouent un large éventail de musique arabe et levantine. Pour l'occasion, leur musique sera particulièrement dansante.



Vendredi 18 mars :

  • 19h-20h30 : Diner
  • 20h30-22h30 : L’axe de la contre-révolution

Une discussion autour du rôle des régimes Syrien, Iranien et du Hezbollah libanais dans les soulèvements en Syrie, Iran, Liban et Irak. En présence de Soma Rostampour (militante exilée kurde iranienne et chercheuse) et Yahia Hakoum (activiste et chercheur syrien en exil).

L’écrasement du soulèvement syrien par le régime n’a été rendu possible que par l’aide de ses alliés Russe, Iranien et du Hezbollah libanais, tous trois grands artisans de la contre-révolution en Syrie et ailleurs dans le Moyen-Orient.

Engagés dans la défense du régime d’Assad, l’Iran et le Hezbollah, membres d'un soi-disant « axe de la résistance », prétendent faire face à Israël et à l’expansionnisme étasunien en écrasant les révoltes des peuples de Syrie, du Liban, d’Irak et d’Iran. 

Ne se satisfaisant pas de l’écrasement de la révolte, ces acteurs de l'oppression - relayés dans le monde occidental par une droite fascisante et ses alliés de circonstances, une certaine gauche méprisable - tentent aujourd’hui d’étouffer les voies de ceux et celles qui ont vécu les soulèvements.

Ces forces militaires sont impliquées dans la vie quotidienne et politique de la Syrie et tendent à effacer, volontairement, tout un pan de la mémoire politique propre à la révolution. La conquête de l’espace public, à travers la présence militaire mais aussi l’omniprésence d’affiches et de photos de dirigeants iraniens et russes ou de leaders du Hezbollah bouleverse la vie et l’imaginaire de millions de syrien.ne.s. Aussi, des changements démographiques et culturels forcés augmentent et accentuent la crainte de faire tomber l’histoire de la révolution dans l’oubli.

À travers une exposition de photographies mais aussi des enregistrements audio et vidéo de l’intérieur, nous avons décidé pendant cette soirée d’anniversaire de la révolution syrienne, de donner la parole à des Syrien.ne.s ayant vécu l’expérience de l’ingérence de ces acteurs mais aussi à des Iranien.ne.s, Libanais.e.s, Palestinien.ne.s ou Irakien.ne.s afin de raconter leur vécu et leur expérience de cet « axe de la contre-révolution ». 

Vendredi 25 mars :

  • 19h-20h30 : Diner
  • 20h30-21h00 : Projections de courts métrages

Une selection de courts métrages syriens… certains datent d’avant la révolution et d’autres sont réalisés pendant la révolution par ceux et celles qui y ont participé.

  • 21h00-22h30 : Projection de Notre mémoire nous appartient de Rami Farah, 1h20 mins, 2021, VOSTF.

Yadan, Odai et Rani sont réunis par Rami sur la scène d’une grande salle de spectacle. Ces trois Syriens exilés viennent de Deraa, l’épicentre de la contestation contre le régime de Bachar el-Assad. Rami projette sur grand écran les films qu’ils ont clandestinement tournés presque dix ans auparavant. Comment peut-on survivre à toute cette violence ? Par l’oubli ou par la mémoire ?

Expositions tout au long de l'événement

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